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Guide

LMNP 2026 : statut de loueur meublé non professionnel, micro-BIC et régime réel

Mis à jour le 27 octobre 2026 14 min de lecture

Sommaire
  1. Qui est LMNP ? Les seuils et conditions
  2. Micro-BIC : abattement 50 % et simplicité
  3. Régime réel : amortissements et charges déductibles
  4. Revente : les amortissements réintégrés dans la plus-value depuis 2025
  5. Micro-BIC ou régime réel : comment choisir ?
  6. Passer du micro-BIC au réel, ou revenir au micro-BIC
  7. Déclaration LMNP : les étapes concrètes
  8. LMNP et Butleo
  9. Questions fréquentes

Vous venez de louer en meublé, ou vous y songez, et une question revient : comment déclarer ces loyers, et quel régime choisir ? Le statut de loueur en meublé non professionnel, le LMNP, encadre cette fiscalité. Il ouvre deux voies, le micro-BIC et le régime réel, dont l'écart d'impôt peut être considérable. Voici le guide clair, avec les seuils, un comparatif chiffré et la marche à suivre pour déclarer, sans montage compliqué.

Qui est LMNP ? Les seuils et conditions

Le loueur en meublé non professionnel est un particulier qui loue un ou plusieurs logements meublés sans en faire son activité principale. Les loyers qu'il perçoit ne relèvent pas des revenus fonciers, comme en location vide, mais de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, les BIC. Cette qualification est automatique dès lors que la location est meublée : vous n'avez pas de société à créer pour être LMNP.

Le caractère professionnel de la location suppose deux conditions remplies en même temps. D'une part, les recettes annuelles de location meublée de l'ensemble de votre foyer fiscal dépassent 23 000 euros. D'autre part, ces recettes dépassent les autres revenus d'activité de votre foyer soumis à l'impôt sur le revenu : salaires, bénéfices industriels et commerciaux hors location meublée, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux et rémunérations de gérant. Il suffit que l'une de ces deux conditions ne soit pas remplie pour que vous restiez loueur non professionnel. Un salarié qui perçoit 30 000 euros de loyers meublés et 45 000 euros de salaires reste ainsi LMNP. L'administration fiscale détaille ces critères dans sa doctrine sur la location meublée.

Meublé rime avec BIC. Dès la première location meublée, vos loyers se déclarent en bénéfices industriels et commerciaux, jamais en revenus fonciers. Le choix se joue ensuite entre deux régimes de BIC : le micro-BIC et le réel.

Micro-BIC : abattement 50 % et simplicité

Le micro-BIC est le régime par défaut tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 euros pour une location meublée de longue durée, seuil applicable aux revenus de 2026 à 2028 (il était de 77 700 euros pour les revenus de 2025). Son principe est simple : vous déclarez le montant brut de vos loyers, et l'administration applique un abattement forfaitaire de 50 pour cent censé couvrir l'ensemble de vos charges. Vous êtes alors imposé sur la moitié seulement de vos recettes, sans avoir à justifier la moindre dépense.

Ce régime convient aux bailleurs dont les charges réelles sont faibles, par exemple un logement acquis sans emprunt et peu de travaux. Vous n'avez aucune comptabilité à tenir : la déclaration se résume à reporter le total des loyers encaissés. En contrepartie, vous ne pouvez déduire aucune charge en plus de l'abattement, ni pratiquer d'amortissement du bien.

Régime réel : amortissements et charges déductibles

Le régime réel renverse la logique. Au lieu d'un abattement forfaitaire, vous déduisez vos charges pour leur montant exact, et vous amortissez le bien. L'amortissement consiste à déduire chaque année une fraction de la valeur du logement et du mobilier, pour tenir compte de leur usure comptable. C'est un levier propre au meublé, sans équivalent en location vide.

Au réel, vous déduisez notamment :

  • les intérêts d'emprunt et les frais de dossier liés au financement ;
  • les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration ;
  • la taxe foncière et les charges de copropriété non récupérables ;
  • les frais de gestion, d'assurance et de comptabilité ;
  • l'amortissement du logement et du mobilier, étalé sur plusieurs années.

Cumulées, ces déductions dépassent souvent l'abattement de 50 pour cent du micro-BIC, surtout les premières années d'un achat à crédit. Résultat fréquent : un résultat fiscal très réduit, parfois nul, et donc peu ou pas d'impôt sur vos loyers meublés. La contrepartie est une comptabilité à tenir, avec une liasse fiscale à produire, souvent avec l'aide d'un expert-comptable.

Revente : les amortissements réintégrés dans la plus-value depuis 2025

L'amortissement allège l'impôt pendant la location. Depuis la loi de finances pour 2025, il se paie en partie à la revente. Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value immobilière est diminué des amortissements que vous avez déduits au régime réel. La plus-value imposable augmente d'autant.

La règle vaut quelle que soit la date d'achat ou de mise en location : ce sont tous les amortissements déduits avant la vente qui sont repris, y compris ceux des années antérieures à 2025. Elle ne concerne pas les logements situés dans certaines résidences de services : résidences pour étudiants ou pour personnes âgées, établissements pour personnes âgées dépendantes ou handicapées, établissements de soins de longue durée. Les amortissements déjà retenus au titre des dépenses de travaux ne sont pas comptés deux fois.

Un exemple court. Vous achetez un studio 150 000 euros, l'amortissez de 3 000 euros par an au réel et le revendez 180 000 euros au bout de dix ans. Avant 2025, la plus-value brute était de 30 000 euros. Désormais, le prix d'acquisition est ramené à 120 000 euros après déduction des 30 000 euros d'amortissements : la plus-value brute passe à 60 000 euros.

Les abattements pour durée de détention continuent de s'appliquer : la plus-value est exonérée d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention et de prélèvements sociaux après 30 ans. Plus vous gardez le bien longtemps, moins la réintégration pèse. Une revente à moyen terme, en revanche, efface une partie du gain obtenu au réel.

Micro-BIC ou régime réel : comment choisir ?

La règle pratique tient en une phrase : si vos charges réelles et votre amortissement dépassent la moitié de vos loyers, le régime réel réduit votre impôt chaque année ; sinon, le micro-BIC suffit. Depuis 2025, une seconde question s'ajoute : combien de temps comptez-vous garder le bien ? Voici les deux régimes face à face.

Micro-BIC et régime réel en location meublée
Critère Micro-BIC Régime réel
Base imposable Loyers après abattement de 50 % Loyers moins charges réelles et amortissement
Plafond de recettes 83 600 € de recettes annuelles (revenus 2026 à 2028) Aucun plafond
Charges déductibles Forfait de 50 %, rien de plus Montant réel, poste par poste
Amortissement du bien Non Oui
À la revente Prix d'acquisition retenu en entier Prix d'acquisition diminué des amortissements déduits (cessions depuis le 15/02/2025)
Comptabilité Aucune, report des loyers bruts Liasse fiscale, souvent expert-comptable
Bailleur type Peu de charges, bien sans emprunt Emprunt en cours, travaux, charges élevées

Un exemple chiffré

Prenons un studio meublé loué 700 euros par mois, soit 8 400 euros de loyers sur l'année. Au micro-BIC, l'abattement de 50 pour cent ramène la base imposable à 4 200 euros : c'est ce montant qui s'ajoute à vos autres revenus, imposé à votre tranche marginale.

Au régime réel, supposons des charges réelles de 30 pour cent des loyers, soit 2 520 euros entre taxe foncière, intérêts d'emprunt, assurance et frais de gestion, auxquels s'ajoute un amortissement annuel de l'ordre de 3 000 euros. La base imposable tombe alors autour de 2 880 euros, et l'amortissement non utilisé une année est reportable sur les suivantes. Sur ce profil, avec un emprunt et de l'amortissement, le réel réduit nettement l'impôt. Sur un bien détenu sans crédit et sans travaux, l'écart s'inverse et le micro-BIC redevient plus avantageux. Tout se joue sur vos chiffres réels.

Reste la revente. Si vous cédez ce studio après dix ans, les quelque 30 000 euros d'amortissements déduits viennent gonfler d'autant votre plus-value imposable. Sur une détention longue, l'économie d'impôt accumulée au réel l'emporte généralement, d'autant que les abattements pour durée de détention réduisent la plus-value. Sur une revente rapide, l'écart se resserre. Pour tester vos propres hypothèses de loyer, de charges et de financement, utilisez notre simulateur de rentabilité locative.

Le bon régime dépend de vos charges et de votre horizon de détention. Comparez l'abattement forfaitaire de 50 pour cent à vos charges réelles augmentées de l'amortissement, puis tenez compte de la reprise des amortissements si vous envisagez de revendre. Pour votre situation précise, l'avis d'un expert-comptable reste le plus sûr.

Passer du micro-BIC au réel, ou revenir au micro-BIC

Le micro-BIC s'applique par défaut. Pour passer au réel, vous exercez une option auprès de votre service des impôts des entreprises, par courrier ou depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Le calendrier est strict.

  • Bailleur déjà en activité : l'option se formule au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l'année qui précède la première année imposée au réel. Pour vos loyers de 2027, vous avez donc jusqu'à la date limite de dépôt de votre déclaration des revenus de 2026, au printemps 2027.
  • Première location meublée : vous pouvez opter dans votre déclaration de début d'activité, ou au plus tard dans le délai de dépôt de la déclaration de résultats de votre première année.
  • Durée : l'option vaut un an et se reconduit ensuite tacitement d'année en année, sans démarche.
  • Revenir au micro-BIC : vous dénoncez l'option dans le même délai, au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de résultats de l'année qui précède votre retour, à condition que vos recettes restent sous le plafond de 83 600 euros.

Un retour au micro-BIC met fin à la déduction des amortissements, mais ne fait pas disparaître ceux déjà déduits : ils seront repris dans le calcul de la plus-value le jour de la vente.

Et le meublé de tourisme ?

La loi du 19 novembre 2024 a revu le micro-BIC des meublés de tourisme : les meublés de tourisme non classés relèvent désormais d'un plafond de 15 000 euros et d'un abattement de 30 pour cent. Ce guide traite de la location meublée de longue durée, celle que Butleo accompagne. Si vous louez en courte durée, vérifiez les règles propres à votre classement.

Déclaration LMNP : les étapes concrètes

La déclaration dépend du régime retenu, mais quelques repères valent dans tous les cas. Vos loyers meublés se déclarent comme des BIC, et non sur la déclaration des revenus fonciers.

  • Au micro-BIC, vous reportez le total brut de vos loyers sur la déclaration complémentaire de revenus des professions non salariées, l'imprimé 2042-C-PRO. L'abattement de 50 pour cent est calculé automatiquement.
  • Au régime réel, vous produisez une liasse fiscale, les imprimés de la série 2031 et 2033, qui détaillent recettes, charges et amortissements, puis vous reportez le résultat sur la 2042-C-PRO. Cette liasse est le plus souvent établie avec un expert-comptable.
  • Dans les deux cas, la première déclaration d'une activité de location meublée s'accompagne de démarches d'immatriculation, pour l'obtention d'un numéro SIRET en tant que loueur en meublé.

L'option pour le réel obéit au calendrier détaillé plus haut : au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration de l'année précédente, puis reconduction tacite. Pour la fiscalité comparée avec la location vide, notre guide de la déclaration des revenus fonciers en location nue et du micro-foncier situe le meublé par rapport au régime foncier.

LMNP et Butleo

Choisir entre micro-BIC et régime réel suppose une chose : connaître ses chiffres. Trop de bailleurs tranchent sur une estimation, faute d'avoir sous la main le total de leurs loyers et de leurs charges. Butleo tient ces montants à jour au fil de l'année, pour que la décision et la déclaration partent d'une base fiable.

  • Bilan loyers et charges. Chaque loyer encaissé et chaque dépense rattachée au bien alimentent un tableau de bord fiscal, prêt au moment de déclarer.
  • Une base pour arbitrer. Vous avez sous les yeux le total de vos loyers et de vos charges réelles, la donnée de départ de tout choix entre micro-BIC et régime réel.
  • Export pour l'expert-comptable. Si vous optez pour le réel, vos données partent proprement vers votre expert-comptable, qui établit la liasse et calcule les amortissements, sans ressaisie.

Pour préparer une location meublée, commencez par le bail de location meublée et son inventaire, puis revenez au hub Conseils pour les autres guides bailleur.

Questions fréquentes

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